25 mars 2026
L’Europe se retrouve désormais potentiellement à portée des missiles iraniens, dont la portée peut atteindre environ 4 000 kilomètres, comme l’a montré une tentative de frappe contre la base de Diego Garcia dans l’océan Indien.
Cela place des capitales comme Paris, Bruxelles, Rome ou Londres dans un périmètre théorique de tir, même si les experts soulignent qu’il ne faut pas confondre portée technique et capacité réelle de frappe, la menace ne peut être écartée.
Parallèlement, les tensions montent entre les États-Unis et l’Europe sur la manière de sécuriser le détroit d’Ormuz, un passage stratégique par lequel transite environ un cinquième du pétrole mondial. Washington pousse pour un renforcement militaire, tandis que les Européens privilégient une approche prudente, axée sur la surveillance maritime, le partage de renseignements et la protection des navires, afin d’éviter une escalade .
Cette prudence reflète une volonté de limiter les risques économiques et énergétiques, mais elle alimente aussi des frictions transatlantiques.
Au-delà des missiles, la menace la plus probable pour l’Europe serait indirecte, sous forme d’actions hybrides : cyberattaques contre les infrastructures, sabotages, incendies criminels ou attaques ciblées contre des intérêts israéliens, juifs, américains ou contre des opposants iraniens. Ces opérations pourraient s’appuyer sur des réseaux criminels ou des intermédiaires.
La question centrale reste celle de la préparation du continent européen. Si certains pays disposent de capacités militaires intégrées à l’OTAN, la préparation civile — culture du risque, abris, exercices, communication de crise — reste insuffisante.
Et au final, même sans menace immédiate, le conflit dépasse désormais largement le Moyen-Orient. Entre portée des missiles, risques hybrides et désaccords entre alliés, l’Europe apparaît de plus en plus directement concernée par une guerre qu’elle considérait jusqu’ici comme lointaine.


