19 août 2026
Israël confirme avoir frappé un aéroport militaire en Syrie la nuit dernière. L’objectif : empêcher l’établissement de bases militaires turques dans ce pays voisin d'Israël.
« Israël et la Syrie avaient convenu d'un statu quo sécuritaire entre les deux pays. Or, Damas était sur le point de rompre cet accord en autorisant le déploiement de troupes turques sur une base aérienne près d'Alep », ont indiqué les Bureaux du Premier ministre Benjamin Netanyahou. Le communiqué ajoute que « la Syrie a choisi d’ignorer ces avertissements. Israël ne tolérera aucune menace à sa sécurité et souhaiterait un retour au statu quo ». Ankara avait démenti un peu plus tôt vouloir établir une présence militaire en Syrie.
Le nouvel enjeu régional pourrait devenir la montée d’un axe sunnite mené par la Turquie, notamment en Syrie, en Méditerranée orientale et face aux alliances d’Israël avec la Grèce et Chypre. Israël doit préserver sa liberté d’action, et éviter qu’une rivalité stratégique avec Ankara ne dégénère en confrontation militaire directe. Selon les médias syriens, Tsahal aurait procédé à l’arrestation de deux hommes dans la ville de Quneitra située à proximité de la frontière avec Israël.
Un haut responsable américain explique la frappe israélienne en Syrie par la proximité des élections du 27 octobre prochain. D’autant, dit-il, “que le gouvernement syrien n'a entrepris aucune action hostile envers Israël et qu'il s'efforce depuis des mois de conclure un nouvel accord de sécurité afin de désamorcer les tensions à la frontière entre les deux pays.” “Les autorités syriennes insistent depuis des semaines pour la mise en œuvre d'un accord avec les États-Unis et Israël visant à établir un centre de coordination conjoint en Jordanie, chargé de gérer ce type d'incidents et d'empêcher toute escalade” affirme t-il, ajoutant qu’Israël refuse de rendre opérationnel ce centre de coordination et a, au contraire, a intensifié ses incursions dans le sud de la Syrie.
Dans ce contexte, les Etats-Unis œuvrent donc actuellement à la mise en place d’un mécanisme de déconfliction entre Israël, la Turquie et la Syrie. L’émissaire américain en Syrie, Tom Barrack, qui occupe également le poste d’ambassadeur des États-Unis en Turquie, affirme qu’Ankara n'avait pas été averti des frappes israéliennes et « a donc observé les avions se diriger vers le nord, en direction de son territoire. “La Turquie aurait pu raisonnablement préparer sa propre riposte. Heureusement, grâce à leur sang-froid, la situation n’a pas dégénérée », a déclaré le diplomate américain à l’agence Reuters qui a indiqué que les frappes israéliennes contre la base aérienne syrienne « reflétaient une perception exacte ou erronée selon laquelle la Turquie pourrait, dans un avenir proche, accroître sa présence sur cette base », a expliqué Tom Barrack. « Nous travaillons activement afin de prévenir tout malentendu futur. La priorité est désormais d'apaiser les tensions et de permettre une approche plus mesurée. »
