03 juillet 2026
Jeudi soir, des milliers de personnes se sont rassemblées sur la place des Otages à Tel-Aviv pour marquer les 1 000 jours écoulés depuis le 7 octobre 2023.
Et pour réclamer la mise en place d’une commission d’enquête nationale sur les défaillances qui ont entouré cette attaque et ce massacre.
Les manifestants ont également brièvement bloqué l’autoroute Ayalon en direction du nord à l’heure de pointe, avant le rassemblement. Au moins sept manifestants ont été arrêtés, selon un groupe d’avocats bénévoles opposés au gouvernement.
Ce rassemblement a marqué un retour sur la place des Otages, lieu emblématique de la lutte pour la libération des 251 otages capturés lors de l’attaque du 7 octobre, au cours de laquelle des terroristes ont tué quelque 1 200 personnes et déclenché la guerre de Gaza. La place a servi de point de ralliement aux manifestations exigeant la libération des otages jusqu’à ce que la dépouille du dernier otage tué, le sergent-chef de police Ran Gvili, soit rapatriée en janvier dernier.
Rom Braslavski, l’un des 20 derniers otages encore en vie qui ont été libérés le 13 octobre dans le cadre du cessez-le-feu en cours à Gaza, a été accueilli par des cris de « héros » lorsqu’il est monté sur scène pour prendre la parole.
« J’ai été retenu à Gaza pendant deux années entières. Nous célébrons aujourd’hui 1 000 jours, mais pour moi, cela a été une éternité », a-t-il déclaré. « J’ai vécu 1 000 vies en 1 000 jours. »
Eyal Eshel, père de la soldate observatrice de Tsahal Roni Eshel, tuée lors de l'attaque du Hamas du 7 octobre 2023, a livré un discours marqué par la douleur et la colère.
Prenant la parole lors d'un rassemblement organisé à l'occasion du 1 000e jour depuis le massacre, il a vivement critiqué plusieurs responsables politiques israéliens pour leurs déclarations récentes. Évoquant notamment le Premier ministre Benjamin Netanyahou, qui avait récemment répondu avoir "perdu du poids" lorsqu'on lui demandait ce qui avait changé chez lui depuis le 7 octobre, Eshel a dénoncé un décalage entre les dirigeants et les familles endeuillées.
Il a également pris pour cible le ministre des Finances Betsalel Smotrich, qui avait affirmé que les otages étaient revenus grâce à son action, ainsi que plusieurs autres membres de la coalition gouvernementale, accusés selon lui de présenter une vision déconnectée de la réalité vécue par les victimes du 7 octobre.
Face à ces déclarations, Eyal Eshel a rappelé que, pour lui, le temps s'était arrêté le jour où sa fille a été tuée. "Il y a eux, et puis il y a moi", a-t-il déclaré, expliquant que sa vie avait été bouleversée à jamais par la perte de sa fille, affectueusement surnommée "Ronki".
