19 octobre 2026
Emmanuel Macron s’est adressé aux Français dimanche soir à 20 heures au lendemain d'un week-end marqué par des pillages, des incendies et des dégradations dans plusieurs villes françaises. Un discours décrié de toutes parts.
Le chef de l’Etat a promis que l’exécutif sera « intraitable » face aux casseurs, ajoutant que les préfets « prendront les décisions » qui s’imposent pour protéger les villes, allant jusqu’à « interdire » si nécessaire « certains rassemblements ». Dans les faits le bilan est grave, on parle de plus de 2300 interpellations et de 997 membres des forces de sécurité blessés.
Le chef de l’État attribue ces violences à des groupes d'ultra gauche et à des délinquants. Il réclame des enquêtes rapides et des poursuites judiciaires. Les responsables devront payer les dégâts, affirme-t-il. Il promet également un soutien aux commerçants touchés. Une cellule de crise doit être réunie ce lundi sous l’autorité du Premier ministre.
Sur le maintien de l’ordre, Emmanuel Macron demande au ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, des réponses sur les failles du renseignement et de l’anticipation. Il évoque aussi l’interdiction de certains rassemblements.
Mais le président distingue les auteurs de violences des manifestants pacifiques. Il reconnaît leurs inquiétudes face au coût de la vie et à la hausse des carburants. Il annonce un déplacement dans le golfe Persique pour sécuriser les approvisionnements.
Autre engagement : ouvrir des discussions avec la jeunesse. Sébastien Lecornu doit réunir dans les prochains jours élèves, étudiants, enseignants et partenaires sociaux pour élaborer des propositions concrètes.
Des Gilets jaunes co-organisateurs de la journée de mobilisation de samedi, qui a tourné au chaos dans plusieurs villes, ont dénoncé dimanche soir un "discours vide" d'Emmanuel Macron et demandé à être reçus à l'Élysée.
La classe politique et des candidats à la présidentielle ont tiré à boulets rouges sur le chef de l'État, entre procès en déconnexion et insatisfaction sur l'absence d'annonces concrètes dans ce discours.
En Belgique, le calme semble être revenu vers 20h00 samedi dans le centre de Bruxelles, au terme d'une journée extrêmement mouvementée.
La police a toutefois maintenu une surveillance autour de la place de la Bourse et dans les rues avoisinantes. Une dizaine de personnes ont été interpellées dans le courant de la journée.
Quelque 500 à 600 manifestants aux revendications diverses ont déambulé de Bruxelles-Central à Bruxelles-Midi samedi matin. Ils sont arrivés vers midi à l'esplanade de l'Europe où la police les empêchait d'aller ailleurs. Des affrontements ont eu lieu vers 12h30 entre les deux camps et la police a usé de gaz lacrymogène et de canon à eau.
Des manifestants se sont emparés de grilles de chantier pour ériger une barricade et lancent des projectiles contre les forces de l'ordre.
Plusieurs troubles ont à nouveau éclaté samedi après-midi dans le centre-ville de Bruxelles. La police bruxelloise avait intercepté plus tôt un groupe de manifestants à Anderlecht.
Les échauffourées se sont finalement déplacées vers la gare de Bruxelles-Central, D'importants dégâts ont été observés dans le quartier des Marolles. Le siège de la fédération bruxelloise du PS a notamment été attaqué et ses vitres ont été brisées.
Le ministre de l'Intérieur Bernard Quintin a condamné les nouvelles émeutes à Bruxelles. Selon lui, il ne s'agit plus d'une action de protestation. "C'est de la violence pure et simple, organisée et répétée pour déstabiliser notre société. La police fédérale soutient la police locale", a-t-il précisé.
Le ministre promet que "tous les moyens nécessaires seront utilisés pour rétablir l'ordre face aux émeutiers".
