L’ambassadeur américain en Belgique a mis sur le devant de la scène, de véritables préoccupations de la communauté juive belge face à l’antisémitisme.
S’il est clair et il faut le rappeler, aussi bien en droit qu’officiellement, la Belgique n’est pas antisémite. Elle combat l’antisémitisme. Mais la réalité vécue par la communauté juive est beaucoup plus préoccupante.
Premier indicateur à prendre en compte, c'est le ressenti des Juifs belges.
À l’exception de l’Union des Progressistes Juifs de Belgique, la grande majorité se dit aujourd’hui profondément mal à l’aise, sentiment aggravé depuis le 7 octobre 2023. Beaucoup de jeunes juifs envisagent ou réalisent un départ à l’étranger, évitent certains campus jugés hostiles et évoquent ouvertement l’idée d’émigrer.
Deuxième facteur : l’indifférence de l’opinion publique.
Il existe trop peu d’empathie pour le vécu quotidien des Juifs visibles, illustré par des situations banales de gêne ou d’autocensure. Cette indifférence rappelle des mécanismes historiques dangereux.
Troisième facteur : le sentiment d’abandon par certains pouvoirs publics, particulièrement la justice.
Certains dossiers judiciaires comme le non-lieu dans l’affaire Brusselmans, le maintien du carnaval d’Alost et les manifestations pro-palestiniennes violentes à la bourse tolérées nourriraient un sentiment d’impunité.
Politiquement, trop peu de responsables — hormis Bart De Wever et Georges-Louis Bouchez — s’emparent réellement du sujet. Sans doute par clientélisme électoral. Les positions politiques des uns et des autres sur Israël seraient influencées par des calculs démographiques et électoraux. Ce qui est le quatrième facteur et explique que la Belgique est perçue par de nombreux Juifs comme structurellement hostile à Israël. Enfin, l’usage courant du terme « génocide » à Gaza par certains responsables politiques belges serait, un facteur aggravant de tensions, contribuant à alimenter la haine antijuive en Europe. De la critique d’Israël à l’hostilité envers les Juifs dans la vie quotidienne, il n’ y a qu’un pas, souvent franchi.
L’épisode récent concernant les mohels, circonciseurs juifs — évoqué dans les prises de parole de l’ambassadeur américain illustre bien les contradictions des autorités belges face à l’antisémitisme.