Les ventes record de l’industrie de la défense israélienne continuent. L’Europe reste son premier client, tout en ne se privant pas de critiquer vivement les guerres menées par l'État hébreu.
Une position schizophrénique qui va durer. Malgré les restrictions imposées aux exposants israéliens au salon Eurosatory, les technologies israéliennes restent très recherchées, notamment dans la défense antimissile, les drones et la guerre électronique.
Les exportations militaires israéliennes ont atteint un record de 19,2 milliards de dollars l’an dernier, soit 30 % d’augmentation par rapport à l’année précédente.
Et 36 % de ces contrats sont conclus avec l’Europe.
La Belgique ne fait pas exception. On le sait, elle a adopté une interdiction nationale d’importation de biens en provenance des implantations. Mais elle utilise notamment des missiles Spike développés par Rafael Industries et plusieurs entreprises israéliennes sont implantées dans le pays. En 2023 - 2024, la Flandre a encore délivré 17 licences pour l’exportation de matériel militaire vers Israël, pour un total de 22,7 millions d’euros. Le paradoxe européen est clair : condamner politiquement Israël, tout en restant dépendant de son savoir-faire militaire.
Du côté des industriels israéliens, on se prépare à produire au maximum. Elbit Systems, a annoncé, lors de la publication de ses résultats du premier trimestre, un carnet de commandes de 30,2 milliards de dollars, dont 71% proviennent de clients situés hors d’Israël. Avec notamment un contrat d’environ 1,4 milliard de dollars avec un pays européen non identifié, portant sur la modernisation, entre autres, des forces terrestres et aériennes.
Israel Aerospace Industries -IAI- enregistre des résultats records au premier semestre 2026. Le carnet de commandes atteint désormais près de 35 milliards de dollars avec 65 % des ventes réalisées à l’étranger.
L’entreprise s’intéresse notamment à de nouveaux marchés potentiels dans les pays du Golfe. Ses dirigeants estiment que la confrontation avec l’Iran pourrait pousser certains d’entre eux à acquérir des systèmes israéliens d’interception, notamment Arrow et les radars développés par IAI. Fort de ces résultats, IAI envisage une introduction en Bourse.
Un nouvel essai du système Arrow réalisé la semaine dernière a, selon les dirigeants d’IAI, dépassé les objectifs fixés.