Un nouveau sondage nutritionnel conduit par l’UNICEF dans la Bande de Gaza apporte des données nettement plus nuancées que celles qui avaient accompagné la déclaration de famine de l’été 2025.
Publiée le 24 août 2026, l’étude fait état d'un niveau particulièrement faible de malnutrition aiguë chez les enfants de moins de 5 ans à Gaza. Un virage à 180 degrés par rapport aux constats alarmants formulés l'an passé.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Avec à peine 0,5 % d'enfants touchés, Gaza se retrouverait parmi les territoires affichant le taux de malnutrition aiguë infantile le plus faible de toute la région.
Autre enseignement : environ un enfant sur huit à Gaza présenterait un retard de croissance lié à une alimentation déficiente, un taux deux fois inférieur à la moyenne régionale, qui avoisine les 26 %.
Menée selon la méthodologie de l'Organisation mondiale de la santé auprès de plus de 1 300 enfants répartis sur 147 clusters entre fin mai et mi-juin 2026, l'étude va même plus loin en pointant un problème de surpoids et d'obésité, qui concerneraient aujourd'hui près de 4 % des enfants gazaouis de moins de 5 ans.
Ce qui donne de la crédibilité à cette analyse, c'est la méthode employée : pour la première fois depuis octobre 2023, les chercheurs ont utilisé l'indicateur poids/taille, considéré comme l'étalon de référence en matière de malnutrition, car il compare directement les mesures d'un enfant à la norme attendue pour son âge. Or la déclaration de famine émise en août 2025 par le Comité d'examen de la famine de l'IPC reposait principalement sur une autre mesure, le périmètre brachial - une méthode d'urgence que des spécialistes jugent sujette à des résultats surestimés, et qui ne détecterait en général qu'environ la moitié des cas réels par rapport à la mesure poids/taille.
Ran Kivetz, professeur à l'université Columbia qui a suivi de près les convois d'aide humanitaires destinés à Gaza, dénonce les rapports et accusations de famine en 2025 comme une « politisation totale de la science ».