Le scénario tant redouté par les monarchies du Golfe d'être entraînées dans la guerre qui oppose l'Iran à Israël et aux États-Unis s'est matérialisé.
Dès les premières frappes américano-israéliennes sur son territoire, Téhéran a en effet mis à exécution ses menaces en attaquant sans avertissement les pays du Golfe, la Jordanie, Dubai et l'Irak.
Dans les semaines précédant les frappes, les capitales du Golfe avaient pourtant plaidé pour la voie diplomatique et refusé, de concert avec la Jordanie, l'accès à leur espace aérien aux Américains pour mener des opérations contre Téhéran. Ces précautions n'ont pas empêché l'escalade. L'armée iranienne affirme avoir ciblé des bases américaines en Irak et dans les pays du Golfe. Au moins 247 missiles et 230 drones auraient été lancés.
L'AFP fait état d'explosions à : Manama, capitale du Bahreïn, Dubaï et Doha au Qatar. De la fumée s'élevait également ce matin de l'ambassade américaine à Koweït City, rapporte l'AFP. Un avion de chasse s'est écrasé au Koweït près d'une base aérienne américaine, selon une vidéo géolocalisée par CNN diffusée ce lundi sur Internet. La base RAF Akrotiri à Chypre a été frappée pendant la nuit par un drone Shahed sans pilote, qui a causé des dégâts matériels mineurs, a déclaré le président chypriote Nikos Christodoulides.
Les pays du Golfe, frappés par des missiles iraniens et restés passifs, réévaluent leur stratégie pour l’après-guerre. Les tirs iraniens contre les États du Golfe ne s’expliquent pas seulement par la présence de bases américaines, mais par un conflit religieux ancien entre chiites et sunnites.
Le sénateur républicain Lindsey Graham affirme qu’une coalition entre les USA et plusieurs pays arabes pourrait se former dans les prochains jours pour neutraliser la menace iranienne. Selon lui, la chute du régime iranien ouvrirait la voie à une reconnaissance de l’Arabie saoudite envers Israël.