Le renvoi des mohels d’Anvers devant le tribunal correctionnel relance la polémique autour de la circoncision.

En Belgique, le renvoi des mohels d’Anvers devant le tribunal correctionnel relance la polémique autour de la circoncision. 

Les deux hommes sont officiellement accusés d’avoir infligé intentionnellement des sévices à des mineurs et d’avoir exercé illégalement la pratique de la médecine. Ils encourent pour cela des peines de prison. L’affaire est donc très sérieuse et remet en cause la possibilité de faire des circoncisions sans médecins en Belgique.   

L’ambassadeur américain Bill White a immédiatement parlé de “tache sur l’honneur de la Belgique” et ajouté “La Belgique va désormais être considérée comme antisémite à travers le monde entier”. Il appelle le pays à réagir “MAINTENANT”. L’administration Trump condamne également cette action en justice et dénonce le manque de volonté politique du gouvernement belge pour trouver une solution.” a t-il déclaré. Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, a lui aussi parlé d’une décision “antisémite”. 

“La Belgique n’est pas un État antisémite, c’est absurde”, a réagi le Premier ministre Bart De Wever face à ces accusations. Invité d’une célébration de Yom Haatsmaout hier à Anvers il a déclaré :  “La circoncision est bien sûr essentielle dans les religions juive et musulmane, mais les exigences de notre législation le sont tout autant”. “ Je pense que la pratique religieuse, la liberté de culte, a sa place. Si l’on aborde cela de manière raisonnable, on parvient à concilier ces deux aspects et à faire en sorte que tout le monde puisse vivre avec.”

Maxime Prévot a pris la parole pour dénoncer ces attaques contre la Belgique. Dans deux messages distincts publiés sur X – l’un adressé à Gideon Saar, l’autre à Bill White –, il souligne que la justice belge statue en toute indépendance et que l’enquête a été ouverte à Anvers à la suite d’une plainte déposée par la communauté juive elle-même. “Présenter cela comme le désir d’un pays de saper la liberté religieuse des Juifs est diffamatoire. Cette liberté n’a jamais été remise en question et ne le sera jamais dans notre pays. Notre Constitution la protège”.

De son côté, invité hier soir sur i24NEWS, Joël Rubinfeld, président de la ligue belge contre l’antisémitisme, a vivement réagi à cette affaire, qu’il considère comme un tournant préoccupant. « Il y a une menace sur une tradition trimillénaire », insiste-t-il, rappelant que la brit mila constitue « la pierre angulaire de la foi juive ». Si les autorités belges affirment que la circoncision reste autorisée à condition d’être pratiquée par un médecin, Joël Rubinfeld y voit une remise en cause fondamentale du rite religieux, qui doit être accompli par un mohel formé selon les règles du judaisme.