Le ministère belge des Affaires étrangères a averti en interne que les États-Unis, sous la présidence de Donald Trump, ne constituaient plus un allié fiable.
Et ce selon un document datant de fin 2025 révélé jeudi par le Financial Times. Celui-ci exhorte ses collaborateurs à resserrer les liens avec d’autres forces politiques américaines afin de protéger les intérêts de la Belgique.
Le début du deuxième mandat du président américain a déclenché un signal d’alarme en Europe. Donald Trump a menacé de déclencher une guerre tarifaire, a voulu annexer le Groenland et s’est montré admiratif envers l’extrême droite européenne. C’est dans ce contexte que le ministère belge des Affaires étrangères a élaboré une stratégie visant à réajuster les relations avec Washington, afin de préserver les intérêts belges sans pour autant être considéré comme “hostile”, écrit le FT.
“Il est désormais clair que le partenaire américain n’est plus l’allié qu’il était par le passé”, indique le document, rédigé fin 2025. Il appelle à une “réévaluation en profondeur des relations entre l’Union européenne et la Belgique, d’une part, et les États-Unis, d’autre part”. Il ajoute que “les évolutions actuelles aux États-Unis… risquent de mettre en péril plusieurs intérêts vitaux de la Belgique et de l’Union européenne”.
Le document interne publié par le Financial Times “ne reflète en aucune manière la position officielle” du pays, a commenté jeudi l’ambassadeur américain en Belgique, Bill White sur base d’informations livrées par le cabinet du Premier ministre.
Selon M. White, des fonctionnaires belges ont confirmé qu’il s’agit d’un document de travail qui “n’a jamais été validé, approuvé ou accepté”. “Dès lors, toute affirmation selon laquelle le document reflèterait la vision belge des États-Unis est tout simplement fausse”, selon l’ambassadeur américain.
Bill White tient dans la foulée à souligner le “partenariat solide et durable forgé (par les deux pays) durant des décennies d’étroite collaboration, d’échanges commerciaux intenses et d’intérêts de sécurité partagés”. Tout en déplorant la fuite du document, Bill White estime que celui-ci ne change rien aux liens qui unissent les deux pays.