“Il faut appeler un chat ‘un chat’ et arrêter de se cacher. Quand il y a une bombe qui explose devant la porte d’une synagogue, je crois qu’on doit pouvoir toutes et tous qualifier ça d’acte antisémite“, a déclaré Bernard Quintin. “L’explosion devant la synagogue de Liège est un acte antisémite abject qui visait directement la communauté juive de Belgique“, a-t-il ainsi dénoncé avant d’ajouter que les mesures de sécurité autour des sites similaires “continueront à être renforcées”.
Le parquet fédéral a été chargé de l’enquête “vu les indices possibles d’une infraction terroriste”, a indiqué lundi le ministère public. Le Service d’enlèvement et de destruction d’engins explosifs (SEDEE) est descendu sur les lieux pour procéder aux constatations nécessaires.
“Il n’y avait aucune raison que cela se produise, le dialogue a toujours été très bon avec les membres de la communauté. On ne sait pas ce qui a pu se produire, l’enquête nous dira si l’auteur est un déséquilibré ou s’il s’agit d’un acte antisémite. Pas de conclusion hâtive”, explique-t-il.
C’est la première fois en 25 ans qu’un tel fait a lieu depuis qu’il occupe cette fonction.
L’explosion a créé un nombre conséquent de dégâts, a communiqué le rabbin de la communauté israélite Joshua Nejman.
La classe politique belge a également vivement réagi à cette attaque.
Le Premier ministre Bart De Wever a également dénoncé le caractère antisémite de l’explosion. “L’antisémitisme est une attaque contre nos valeurs et contre notre société. Il doit être combattu sans ambiguïté’, a écrit le chef du gouvernement fédéral sur les réseaux sociaux.
Bart De Wever témoigne aussi de sa “solidarité avec la communauté juive de Liège et de Belgique”.
La Commission européenne a fermement condamné “l’attaque antisémite”, selon le commissaire aux affaires intérieures, Magnus Brunner.
“Nous sommes solidaires de la communauté juive et soutenons les forces de l’ordre dans leurs efforts pour protéger les lieux de culte”, a ajouté l’Autrichien, dans un message sur les réseaux sociaux.
Philippe Close (PS), bourgmestre de la Ville de Bruxelles annonce lui aussi certaines mesures : “Depuis ce matin, j’ai eu non seulement des contacts avec mon collègue de Liège, mais aussi avec le commissaire en chef de la police de Bruxelles pour qu’on renforce, encore, la présence autour des institutions juives, notamment s’il y a des manifestations particulières. On est extrêmement vigilants“.
Le niveau de menace générale en Belgique reste au niveau 3 sur 4 mais la vigilance s’est accrue depuis le début de la guerre en Iran. “On a pris des mesures supplémentaires pour la surveillance et la protection des intérêts juifs. Je crois que cet attentat prouve qu’on avait raison de le faire et qu’on doit augmenter cette protection“, indique Bernard Quintin, le ministre de l'intérieur belge.
L’ambassadeur des États-Unis en Belgique, Bill White, a lui aussi condamné lundi l’attaque contre la synagogue de Liège, dans la nuit de dimanche à lundi. Il s’est rendu sur place pour rencontrer des responsables de la communauté juive locale.
Le président du Comité des Organisations Juives de Belgique (CCOJB), Yves Oschinsky, est favorable au déploiement de militaires dans les rues pour protéger les lieux et institutions juives en Belgique “si ce n’est pas possible à travers les services de police”.
À ses yeux, si la menace globale définie par l’Ocam (Organe de coordination de l’analyse de la menace) est restée au niveau 3, “on est peut-être au niveau 4” pour les institutions juives, a-t-il déclaré mardi au micro de La Première (RTBF), au lendemain d’une explosion qui a visé la synagogue de Liège.
M. Oschinsky appelle à lever les blocages actuels au sein du gouvernement fédéral. “Il faut que certains partis de l’Arizona arrêtent le blocage”, a-t-il exhorté, visant le CD&V, sans le citer. Dans la majorité fédérale, les chrétiens-démocrates ont lié le dossier des militaires dans les rues à celui de la surpopulation carcérale.
Yves Oschinsky était également notre invité hier soir. Une interview à retrouver sur radiojudaica.be