Kiev accuse Jérusalem d'importer des céréales volées par la Russie.

Kiev accuse l’État hébreu d’avoir permis l’importation de céréales volées via la « flotte fantôme » russe. En toile de fond, l’Union européenne agite la menace de sanctions, tandis qu’Israël rejette des accusations jugées infondées faute de preuves.

Dans une lettre officielle, l’Ukraine affirme que des navires russes sous sanctions ont acheminé vers le port de Haïfa, du blé provenant de territoires ukrainiens occupés. Les soupçons se concentrent notamment sur le navire Panormitis, récemment arrivé à Haïfa avec environ 6 200 tonnes de blé et 19 000 tonnes d’orge. Si cette cargaison n’aurait pas encore été déchargée, Kiev affirme qu’un envoi similaire a déjà été traité plus tôt ce mois-ci.

L’Union européenne envisage de sanctionner des entreprises et des ressortissants israéliens soupçonnés d’être impliqués dans le commerce de blé issu de territoires ukrainiens occupés par la Russie. 

Pour Kiev, il ne s’agit pas de cas isolés mais d’une pratique organisée qui contrevient au droit international et mine la confiance entre les deux pays. L’Ukraine demande à Israël de bloquer toute importation issue de territoires occupés.

Israël rejette ces accusations, affirmant n’avoir reçu aucune preuve exploitable.  

« Nous rejetons cette diplomatie de Twitter », a déclaré mardi soir, le ministre israélien des affaires étrangères, Gideon Saar, en réaction à une publication sur le réseau X de Volodymyr Zelensky accusant Israël.

Lors d’une conférence de presse, Gideon Saar a précisé : « Le directeur général du ministère des Affaires étrangères a déjà échangé avec l’Autorité fiscale, et les services des douanes israéliennes ont ouvert une enquête. Lorsqu’on examine une affaire, on vérifie les faits. Le navire n’est pas entré au port et n’a pas soumis ses documents de déclaration. Il est donc impossible de vérifier la véracité des accusations concernant une falsification du connaissement. »

Il a ensuite précisé : « Le gouvernement ukrainien n’a fourni aucune preuve, seulement des tweets. Nous le disons encore à nos amis ukrainiens : si vous avez la moindre preuve de vol, transmettez-la par les canaux appropriés. »